Le biopunk
Le biopunk est un sous-genre de la science-fiction centré sur les biotechnologies, le génie génétique et la bio-ingénierie. Né au milieu des années 1980, il déplace l'imaginaire du hacking vers l'organique : là où le cyberpunk piratait l'information, le biopunk fait de l'ADN et des cellules le nouveau terrain de pouvoir et de résistance. Ancré dans des univers dystopiques, il met en scène une science débridée et les dérives qu'elle engendre.
Dans la pratique, les frontières avec le cyberpunk restent poreuses. De nombreux récits mêlent technologies numériques et biologiques. Ils utilisent à la fois implants, IA et manipulations génétiques, mais placent l'ingénierie du vivant au cœur du conflit. L’ADN devient un code à lire, détourner ou réécrire, et la menace ne se loge plus derrière les écrans, mais à l’intérieur des cellules de nos corps.
Un thème majeur traverse le biopunk : l'appropriation capitaliste du vivant. Le corps devient ressource, l'ADN brevet, et la nature un stock de séquences interchangeables. De Oryx and Crake (Atwood) à Autonome (Newitz), en passant par La Fille automate (Bacigalupi), les auteurs dévoilent l'éviction progressive des États au profit des multinationales. Cet eugénisme de classe réserve les améliorations génétiques aux plus riches, qui en contrôlent aussi la commercialisation. Chez Atwood, des conglomérats agro-pharmaceutiques fabriquent des hybrides monstrueux (cochons-greffeurs, poulets sans tête...) pour maximiser leurs profits. Les élites vivent retranchées dans des Compounds ultra-sécurisés, tandis que le reste de la population survit dans les pleeblands, zones de misère et de chaos. Le film Bienvenue à Gattaca (Andrew Niccol, 1997) montre une société sécuritaire où chacun est jugé à l’aune de son patrimoine génétique ; les « non-valides » y sont relégués au rang de sous-citoyens. Plus glaçant encore, le roman de Kazuo Ishiguro Auprès de moi toujours (2006) pousse l’instrumentalisation du vivant à son comble, des clones y sont élevés uniquement pour le prélèvement d'organes. Ils sont réduits à une existence sans choix ni dignité.
Autre thème récurrent : la terreur de la chair. Le corps, menacé de l'intérieur par des pathogènes, mutations ou contagions, devient un territoire ingouvernable. Cette angoisse de la nature réinventée par l'ingénierie imprègne la trilogie Rifters de Peter Watts, où l'anatomie humaine est remodelée pour les abysses, et BIOS de Robert Charles Wilson, où la biosphère de la planète Isis constitue une menace mortelle.
Panorama du biopunk (1985-2017)
Les fondations thématiques du biopunk apparaissent dès le milieu des années 1980 avec Blood Music de Greg Bear, mais le terme ne s'impose qu'au milieu des années 1990 avec Fairyland (1995) de Paul J. McAuley et Ribofunk (1996) de Paul Di Filippo. Deux grandes périodes structurent le genre : Les origines conceptuelles (1985‑1996), centrées sur les questionnements éthiques et les spéculations scientifiques ; puis le virage critique et politique (1997‑2017).
Partie 1 : Les origines conceptuelles (1985-1996)
Greg Bear, La Musique du Sang
La Musique du Sang (Blood Music) paru en 1985 reste l’un des textes les plus novateurs du genre.
Le récit se déroule en deux temps. La première moitié adopte la forme d'un thriller scientifique. Le chercheur renégat Vergil Ulam crée une vie intelligente au niveau cellulaire. Ces "noocytes", lymphocytes modifiés conçus comme ordinateurs biologiques, acquièrent rapidement leur autonomie. C'est le reflet organique de l'intelligence artificielle : une conscience qui naît de la chair et non du silicium.
La seconde moitié met en lumière leurs répercussions à grande échelle. Les cellules intelligentes se propagent rapidement, colonisent l’humanité de l’intérieur et fusionnent les consciences individuelles en une immense noosphère, un super-organisme proche de la transcendance. La conclusion abandonne le thriller au profit d’une tonalité quasi mystique et dévoile la prochaine étape de l’évolution humaine.
Octavia E. Butler, Xenogenesis
Xenogenesis (réédité sous le titre Lilith's Brood, 1987-1989) réunit une trilogie composée de Dawn (L'Aube), Adulthood Rites (L'Initiation) et Imago. Octavia E. Butler y aborde une hybridation imposée avec une espèce extraterrestre, les Oankali.
Après une apocalypse nucléaire, l'humanité agonise. Les derniers survivants doivent leur salut aux Oankali, nomades stellaires experts en manipulation génétique. Lilith Iyapo, une femme afro-américaine, s’éveille après plusieurs siècles de stase au cœur d’un vaisseau-monde — une entité organique et sentiente dont les parois respirent et mutent. La Terre a été restaurée, les corps ont été guéris, mais cette renaissance a un prix : les deux espèces doivent s'unir pour donner naissance à une nouvelle lignée.
Pour ces extraterrestres, l'espèce humaine est condamnée par une « Contradiction » fatale : l’alliance d’une intelligence supérieure et d’un instinct hiérarchique agressif. À leurs yeux, seule une fusion biologique peut sauver l'homme de sa propre nature. Cette transformation repose sur une cellule familiale inédite, réunissant un mâle, une femelle et un ooloi. Ce troisième sexe, pivot de la sexualité oankali, possède la capacité de façonner l'ADN des partenaires.
Les Oankali sont courtois mais inflexibles. Ils refusent la violence, exigent toujours un accord explicite, mais ne laissent de marge de décision qu'à l'intérieur de contours qu'ils ont eux-mêmes fixés. Lilith occupe une position intermédiaire. Elle guide les autres vers une décision imposée d'avance.
Akin, premier fils hybride (L'Initiation), puis Jodahs, enfant devenu ooloi (Imago), incarnent la dissolution progressive d'une humanité dont l'ADN cesse d'être intouchable. Butler signe ici une œuvre magistrale sur l’altérité radicale, où le libre arbitre se heurte aux impératifs de la survie collective et où l’intégration ressemble, à s’y méprendre, à une disparition.
Robert Reed, Le Lait de la chimère
Le Lait de la chimère (Black Milk, 1989) questionne les dilemmes éthiques liés à la réécriture du génome, depuis la frontière incertaine entre soin et amélioration jusqu’aux questions de liberté individuelle, de transmission héréditaire et de dérives eugénistes.
Héritier spirituel des Plus qu'humains de Theodore Sturgeon, il accompagne cinq enfants génétiquement modifiés par le docteur Florida. Nourris du « Lait de la chimère », Ryder possède une mémoire absolue, Cody une force décuplée, Marshall sait qu’il sera un chef, Jack excelle à chasser les serpents et Beth charme par sa voix d’or. Dans ce récit, il n’y a ni bons ni méchants, seulement des êtres humains, modifiés ou non, avec leurs forces et leurs faiblesses. L’ouvrage restitue avec une grande sensibilité l’apprentissage de la vie.
Nancy Kress, La trilogie des Insomniaques
La trilogie Sleepless (Beggars in Spain, Beggars and Choosers, Beggars Ride, 1991-1996), basée sur une novella de 1991, constitue l'une des réflexions les plus sophistiquées sur les conséquences sociales de la modification génétique. Ces romans, jamais traduits en français, imaginent un futur où l'ingénierie génétique a donné naissance aux "Sleepless" (Sans-Sommeil), des humains qui n'ont plus besoin de dormir, possèdent un QI supérieur, et ne vieillissent pas. Le monde est alimenté par la fusion froide et guidé par le "Yagaïsme", une philosophie ultraméritocratique où la dignité découle uniquement de ce qu'une personne accomplit. Le titre interroge : les membres productifs de la société ont-ils une obligation morale envers les "mendiants d'Espagne", ces masses jugées improductives ?
Nous suivons Leisha Camden, vingt et unième humaine à recevoir le genemod de l'insomnie. Face à la discrimination, les Sleepless se retirent à Sanctuary. La seconde génération introduit les "Superbrights" comme Miranda, dont le cerveau fonctionne trois ou quatre fois plus vite. La société s'est stratifiée en trois niveaux : les "Livers" (sous-éduqués vivant dans le loisir), les "donkeys" (travailleurs genemods), et les Sans-Sommeil.
La novella de 1991, L’une rêve, l’autre pas (Beggars in Spain), régulièrement rééditée en français, oppose deux visions du monde. D’un côté, l’individualisme radical d’Ayn Rand, figure du libéralisme libertarien, où les Sans-Sommeil avancent en totale autonomie ; de l’autre, l’éthique de l’interdépendance chère à Ursula K. Le Guin, fondée sur la coopération et le collectif.
Paul J. McAuley, Féerie
L’histoire de Féerie (Fairyland, 1995) débute dans un Londres du début du XXIᵉ siècle dévasté par le changement climatique, avant de se déplacer vers Paris puis l’Albanie. Au centre du récit se trouvent les Poupées, créatures artificielles à la peau bleue, à l'intelligence bridée. D’abord conçues comme animaux de compagnie, elles sont rapidement détournées en gladiatrices ou en objets sexuels. Leur existence exacerbe les tensions sociales et politiques.
Alex Sharkey, généticien marginal spécialisé dans le piratage biologique, rencontre Milena, une enfant prodige déterminée à libérer les Poupées. Ensemble, ils transforment ces créatures dociles en « Fées », dotées de conscience et d'autonomie. Mais Milena disparaît, laissant Alex obsédé par son souvenir.
Douze ans plus tard, les Fées dominent les ruines d'un parc d'attractions devenu leur royaume, et Alex traverse une Europe délabrée pour retrouver Milena, désormais figure légendaire.
Paul Di Filippo, Ribofunk
Avec ce recueil, Di Filippo théorise le genre sous le nom de "Ribofunk" — contraction de ribosome et funk — et lance en 1996 son célèbre slogan fondateur : " (Gregor) Mendel est mort pour vos péchés ".
L’ambition est claire : transposer à la génétique ce que le cyberpunk avait fait pour l’informatique, tout en changeant de ton. Le suffixe « -funk » marque la rupture, car Di Filippo rejette la froideur nihiliste du « punk » pour embrasser une dimension charnelle, organique, sensuelle. Là où le cyberpunk cultive l’esthétique glaciale du métal et du néon, le ribofunk assume la viscéralité du biologique — chair palpitante, fluides corporels, mutations grotesques.
Ce fix-up de nouvelles décrit le règne des "Splices" (chimères transgéniques mi-humaines, mi-animales servant de sous-prolétariat), des modifications corporelles extrêmes et d'une "Police des Protéines". Mêlant satire féroce, références pop-culturelles (le personnage Krazy Kat, splice félin-humain terroriste) et humour, Di Filippo s'éloigne de la dystopie classique pour offrir une vision du biopunk à la fois grotesque, vivante et critique sur la marchandisation du vivant.
Partie 2 : Le virage critique et politique (1997-2017)
À partir de la fin des années 1990, le biopunk change à nouveau de ton. L'émerveillement cède la place à une critique sans concession.
Peter Watts, Rifters
La trilogie Rifters (Starfish, Maelstrom, Behemoth, 1999-2004), publiée entre 1999 et 2004, représente l'une des expressions les plus sombres du biopunk et un monument de la hard SF. Le premier tome plonge dans les abysses, au cœur d'une station géothermique située à trois kilomètres sous la surface, où une équipe vit et travaille en permanence dans des conditions extrêmes.
Pour survivre dans ce milieu hostile, les « Rifters » subissent des modifications génétiques et chirurgicales invasives : ADN altéré pour voir dans l'obscurité, respirateur artificiel remplaçant le poumon gauche. Toutefois, ces adaptations ne suffisent pas. Leur employeur exploite aussi leurs faiblesses psychologiques. Seuls des individus durablement fragilisés supportent l'isolement absolu, la pression écrasante et la proximité permanente du danger. La corporation recrute délibérément ces personnes brisées. Elle fait de leur vulnérabilité un critère de sélection. Les biotechnologies deviennent alors le marqueur d'une sous-classe d'exclus, dont les corps « optimisés » tiennent lieu à la fois de stigmate social et de condition de survie.
Robert Charles Wilson, BIOS
BIOS (1999) mêle science-fiction biologique et Planet Opera. Sur Isis, planète au niveau de bio-menace 4, la moindre molécule peut tuer. Sa biosphère radicalement différente génère des micro-organismes d'une agressivité mortelle, rendant toute exploration impossible.
La protagoniste, Zoé Fisher, a été clonée et génétiquement modifiée pour adapter son système immunitaire ; elle représente le dernier espoir pour l’étude de cette planète. Deux enjeux s'entrelacent au cœur du récit : le mystère de l'agressivité croissante d'Isis, et l'évolution personnelle de Zoé. Son implant hormonal (thymostat), initialement destiné à réguler ses émotions, est saboté. La découverte de nouveaux sentiments confère au roman une forte charge émotionnelle.
BIOS revisite le mythe du héros aventurier de la SF classique. L'exploration d'Isis sert de toile de fond à une réflexion plus vaste : l'avenir de l'intelligence pourrait résider dans des entités collectives — comme la biosphère d’Isis — plutôt que reposer sur l’individu isolé.
Paul J. McAuley, Les Diables blancs
Les Diables blancs (White Devils, 2004) plonge dans l'Afrique de 2035, un territoire marqué par des inégalités extrêmes, rongé par la corruption, les pandémies et les bandes armées. La forêt congolaise a été dévastée par la "Fièvre plastique", une manipulation génétique qui transforme les arbres en producteurs de plastique. Le colonialisme a laissé place à un fascisme écologique et à des missions humanitaires qui masquent le néocolonialisme : l'homme blanc continue de piller le continent.
Nicholas Hyde, ancien militaire britannique, assiste à un massacre perpétré par d'étranges créatures — les "diables blancs", singes agressifs capables de manier des armes. Il échappe à l’attaque et revient à Brazzaville avec le cadavre de l’une d’elles. Mais à peine rentré, tout s’emballe : menaces militaires, témoignages qui se contredisent, témoins qui disparaissent, preuves qui s’évaporent. Quelqu'un veut effacer toute trace de l'existence de ces créatures, quitte à raser un quart de l'Afrique. Épaulé par le journaliste Harmony Boniface, Hyde découvre que les diables blancs sont le fruit d'expérimentations génétiques. Mais leur secret ressemble étrangement à celui de Nicholas Hyde lui-même — il y a du docteur Jekyll et du docteur Moreau dans cet homme.
McAuley signe un thriller dense, parsemé de références littéraires (Conrad, Stevenson, Shelley, Ballard), chargé d'ironie et de spéculations géopolitiques, où la nature est devenue obsolète et les écosystèmes se transforment en constructions biotechnologiques instables.
Paolo Bacigalupi, La Fille automate
La Fille automate (The Windup Girl, 2009) se déroule dans une Thaïlande du XXIIe siècle où l'ère de l'Expansion énergétique a cédé la place à la Contraction. Les multinationales agro-alimentaires — les « Calorie Companies » comme AgriGen ou PurCal — dominent le monde. Leurs fléaux biologiques (rouille, cibiscosis) ont détruit l'agriculture naturelle, rendant l'humanité entièrement dépendante de leurs souches brevetées.
Anderson Lake, agent d'AgriGen, cherche à comprendre comment le royaume parvient à cultiver des fruits sains à partir de souches anciennes. Dans une maison de passe, il rencontre Emiko, une « windup » — créature génétiquement modifiée dont les mouvements saccadés trahissent la nature artificielle. Beauté stérile façonnée par le génie génétique nippon, Emiko reste aux yeux de tous un objet sans âme.
Bacigalupi entrecroise plusieurs trajectoires : Anderson dans sa quête d'espionnage industriel, Hock Seng le réfugié chinois qui lutte pour sa survie, Jaidee et Kanya qui défendent les frontières biologiques du royaume, et Emiko qui rêve d'une impossible liberté. Tous évoluent dans un Bangkok assiégé par les eaux, où le ministère de l'Environnement combat l'influence des multinationales que défend le ministère du Commerce. Dans cet avenir, nourriture et gènes sont les ultimes leviers de pouvoir. Survivre est devenu un service monnayable.
Annalee Newitz, Autonome
Avec ses projections prospectives, Autonome (2017) réactualise le biopunk. En 2144, Jack Chen, pirate pharmaceutique, fabrique des médicaments génériques qu’elle écoule à bas prix depuis son sous-marin. Militante des temps futurs, elle s’attaque aux multinationales qui verrouillent la production par les brevets. Mais la copie d’un de ces médicaments — un dérivé du Zacuity, pilule censée augmenter la productivité au travail — entraîne une dépendance fatale : ses utilisateurs s’épuisent jusqu’à la mort.
Plusieurs formes d’asservissement traversent le roman. D’un côté, la subordination programmée des robots et biobots. De l’autre, la mise en esclavage légale d’humains par d’autres humains.
Héritier du cyberpunk par son esprit contestataire, le biopunk inscrit les inégalités dans la chair. Le biopiratage tente d'ouvrir des brèches face aux monopoles pharmaceutiques, mais reste une arme fragile qui reproduit les logiques qu'elle prétend combattre. Cette ambiguïté révèle une réalité troublante : les instruments de libération portent souvent en eux les germes de nouvelles formes de domination.
Le vivant en commun
À rebours des utopies transhumanistes qui rêvent d'une conscience affranchie de la matière, ce courant assume notre enracinement charnel. Ici, l'esprit n'est pas un logiciel à transférer ou à reconfigurer, mais une émergence complexe — cellulaire, symbiotique. Cette vision remet en question l’humanisme classique : l’humain n’a jamais été une entité autonome, mais un maillon en perpétuelle interaction au sein d’un réseau de vivants.
Le biopunk ne prédit pas l'avenir, il analyse le présent — une « formation culturelle » indispensable, selon Lars Schmeink, pour aborder le siècle biotechnologique qui s'ouvre devant nous. La menace ne réside pas dans les outils eux-mêmes, mais dans leur capture par les logiques qui transforment le vivant en « bio-valeur », en marchandise à breveter et monnayer.
Certains récits — Xenogenesis, Autonome ou La Fille automate — esquissent des formes de résistance collective et imaginent des futurs où le génome devient un bien commun. Derrière ses scénarios les plus sombres, le genre suggère une autre voie : un monde où l'intervention sur le vivant ne relève plus de l'asservissement, mais d'une pratique partagée, affranchie de l'appropriation marchande.
Sources :
- Apophis. Guide des genres et sous-genres de l'imaginaire, Albin Michel Imaginaire.
- Schmeink, Lars. « The Relevance of Biopunk Science Fiction ». Liverpool University Press Blog, 29 août 2018. Disponible en ligne : https://liverpooluniversitypress.blog/2024/08/29/the-relevance-of-biopunk-science-fiction-by-lars-schmeink.